« il faut adapter le dé-confinement aux réalités locales »

 

Tôt ce matin du 24 avril, Jacques J.P. Martin était interviewé par France Bleu pour recueillir son avis sur le message du président de la République aux maires de France concernant les modalités de dé-confinement, message transmis aux représentants de l’Association des maires de France (AMF) et de l’Association des maires de l’Ile-de-France (AMIF).

En tant que maire, Jacques J.P. Martin, qui s’est mobilisé sur le terrain depuis le début de la crise sanitaire, a tenu des propos à la fois constructifs mais aussi critiquesface à ces propositions. Constructives par l’approche du président vis-à-vis des maires, lareconnaissance dela proximité qu’ils incarnent et du rôle qu’ils jouent, ce qui avait été oublié lors de la décision du confinement prise en urgence sans concertation.

Jacques J.P. Martin a insisté sur la nécessité de changer de méthode pour le gouvernement, d’anticiper tous les aspects et conséquences du dé-confinement, la concertation étant indispensable pour instaurer un climat de confiance.

« La réouverture des écoles et des crèches ne peut pas être mise en œuvre en imposant le retour de tous les enfants sans tenir compte des spécificités locales. En Île-de-France, nous avons tous les types de communes, depuis la petite commune rurale jusqu’à la capitale qu’est Paris. Nous ne sommes pas satisfaits de la décision du président de la République de gérer un dé-confinement au plan national, ce qui est contraire à l’attente des maires qui souhaitent que celui-ci soit adapté aux réalités locales. La logique aurait voulu que ce processus soit abordé dans un cadre régional et non national.

De plus, nous préconisons un retour des élèves à l’école sur la base du volontariat et dans un processus progressif. Nous devons aussi tenir compte des situations familiales (par exemple, les parents en situation de handicap sévère ou atteint de maladies chroniques ou n’ayant pas accès au numérique…). En réalité, les collectivités locales sont les plus à même d’appréhender cette phase importante pour tous qu’est le dé-confinement sur un processus du type ″cousu main″, chaque école étant dans chaque ville un cas particulier. »

En conclusion de l’interview Jacques JP Martin, vice-président de l’AMIF a précisé que les maires d’Ile-de-France  étaient favorables pour accompagner l’État en tant que réel partenaire dans le dé-confinement, mais pour que l’efficacité et le respect des diversités territoriales soient respectées,ils demandent que le Président et le Premier ministre et ses ministres, « après nous avoir écoutés, sachent nous entendent. »

Une question clé n’a pas été abordée par le gouvernement : les finances locales et le coût des modalités du dé-confinement dans le budget des villes. « Nous avons entendu concernant les masques par exemple : achetez, on vous aidera. »  précise Jacques J.P. Martin.

En conclusion : « l’inquiétude persiste et le rendez-vous est pris.»