La crise sanitaire que nous vivons met en lumière le rôle central des maires dans l’organisation de notre République.

 

Le gouvernement a démontré son incapacité à anticiper cette pandémie. Manque de souplesse, technocratie prédominante, déconnexion de la réalité… les Ministres se retrouvent constamment dans la réaction, jamais dans l’action.

 

A l’inverse, les élus locaux en général, et les maires en particuliers, se retrouvent en première ligne pour gérer cette crise et répondre aux besoins des habitants, des personnels de santé, des acteurs économiques qui, tous, ont besoin de proximité et de réactivité.

 

Disons-le clairement : c’est une chance de pouvoir compter en cette période délicate sur un maire de la trempe de Jacques JP Martin. Son expérience, son sens de l’écoute, son approche pragmatique des difficultés auxquelles sont confrontés les Nogentais, sont autant d’atouts en ces temps de « guerre ».

 

A la tête de son équipe et du personnel communal, il a su anticiper et maintenir un cap clair pour répondre aux habitants confinés et parfois démunis face à la situation : modes de garde pour les enfants du personnel soignant, assistance aux personnes âgées et aux plus démunis, fourniture des matériels indispensables, maintien des services publics essentiels et du marché, mise en place rapide d’un centre de dépistage, soutien aux commerces de proximité, lien permanent avec la région, la préfecture, l’ARS, les chambres consulaires…

 

Pendant la campagne, certains voulaient nous faire croire qu’être maire pouvait être une sinécure, un hobby à mi-temps. La réalité est bien toute autre.

 

Et demain ?

 

Il faudra tirer les conclusions de la gestion de la crise sanitaire et accorder davantage de pouvoir aux élus locaux. Le Gouvernement semble ne pas s’y être trompé puisque le Premier Ministre semble vouloir associer étroitement préfets et maires dans la gestion du déconfinement.

 

Il faudra également repenser les financements. Un rapport du Sénat estime à 5 milliards d’euros les conséquences économiques et financières de la crise pour les collectivités territoriales. Les Intercommunalités, dont les ressources fiscales proviennent en grande partie de la bonne santé du secteur économique (CFE et CVAE), risquent de se trouver bien démunies. Les municipalités, elles, vont devoir faire face à une baisse de recettes et de redevances conséquente liée à la fermeture des services publics locaux. Quant aux dotations, dans un tel contexte, qui peut prédire leur évolution ?

 

Et quid de la réforme territoriale « 3D » que le Gouvernement nous préparait pour le lendemain des municipales ? Si refonte de notre organisation il doit y avoir, alors que ce soit dans le sens d’un retour en force des mairies qui ont toujours su répondre « présentes » quand les citoyens en ont eu besoin.

 

Les temps de crise ont ce mérite de nous faire (re)découvrir ce qui est essentiel. Les municipalités le sont. Face à un tel constat et aux défis qui s’annoncent, il est certain que l’inexpérience et l’amateurisme ne sont pas des options possibles.

 

Philippe JULLIARD